Éviter le vide, une solution?
Ce vide auquel on fait face par moments peut être perturbant. On a donc souvent tendance à l’éviter. On tente de l’oublier en se changeant les idées lorsqu’une pensée teintée de ce vide fait irruption dans notre esprit ou en ne lui accordant pas d’importance.
On peut aussi avoir tendance dans ce cas à tenter d’emplir le vide de plein de manières:
- S’occuper l’esprit (ex.: en se concentrant sur le travail, sur des projets de rénovation);
- S’étourdir (ex.: chercher à se sentir plus vivant en se stimulant constamment par des activités, des soirées, des rencontres);
- S’engourdir (ex.: avec alcool, en écoutant des séries en rafale).
Bien que ces manières d’y réagir puissent nous faire croire qu’on comble le vide ressenti, elles n’apaisent pas notre angoisse, pas plus qu’elles nous font sentir plus utile ou nous permettent de nous épanouir. Au lieu de nous faire sentir plus en paix avec le vide existentiel qui nous habite, l’évitement a plutôt tendance à l’agrandir.
6 avenues pour accueillir le vide
1. Identifier les moyens inefficaces d’emplir le vide
On essaie d’identifier les stratégies qu’on a tendance à utiliser pour boucher le vide. Quand on ressent de l’ennui, de l’anxiété ou un manque de motivation, a-t-on tendance à:
- prendre un verre de vin?
- dévaliser le frigo?
- dresser une liste de tâches interminable?
- faire défiler les contenus sur les réseaux sociaux?
En identifiant ces stratégies, on sera plus à même de s’observer lorsqu’on les utilisera. Ça nous permettra aussi de remplacer ces stratégies par d’autres moyens qui pourraient avoir une issue plus constructive et épanouissante (p. ex.: parler à une personne de confiance, se détendre, sortir faire une marche).
2. Oser regarder notre vie en face
Pour trouver du sens à sa vie, il faut avant tout être en mesure d’observer sa vie! Souvent, on prend peu le temps de se déposer pour réfléchir à notre vie. On est plutôt sur le pilote automatique à travailler, à faire rouler la maisonnée et à remplir nos obligations. La vie défile sans qu’on s’arrête suffisamment en chemin pour évaluer où on en est. C’est pourtant en regardant en pleine face notre vie actuelle qu’on pourra la voir telle qu’elle est et l’ajuster pour qu’elle nous satisfasse davantage.
On peut se poser les questions suivantes.
- Lorsque je pense à ma vie, est-ce que j’ai des regrets?
- Qu’est-ce que je n’ose pas faire?
- Qu’est-ce que je voudrais mettre de l’avant?
- Qu’est-ce qui donnerait du sens à ma vie?
3. Réaligner notre motivation
Avec le temps, on a peut-être fait des choix de vie moins par plaisir et cohérence personnelle que par obligation ou pression sociale. Il est possible que ça ait pu nous faire perdre le goût d’accomplir les choses.
Pour quelles raisons est-ce que je fais ce que je fais chaque jour? Par exemple, pour quelles raisons est-ce que je fais de l’exercice? On risque de se tanner plus rapidement d’aller au gym si on le fait pour essayer d’atteindre une image véhiculée par des standards sociaux de beauté ou perdre du poids à la suite à de commentaires négatifs formulés par notre partenaire sur notre apparence que si on s’entraîne par plaisir, pour ressentir les bienfaits physiques et psychologiques de l’exercice, par défi personnel ou dans le but de prendre soin de notre santé.
4. Apporter sa contribution sociale
Pour répondre à la question «À quoi sert ma vie?» et nous sentir utile, encore faut-il prendre conscience de notre contribution dans le monde. Qu’est-ce que j’apporte aux autres? Qu’est-ce que je leur transmets?
Ce pourrait être, par exemple, la transmission de nos connaissances, de notre savoir-faire ou de notre savoir-être au sein de relations avec nos proches, comme notre partenaire, nos enfants, petits-enfants, ou amis et amies (par exemple, apprendre à l’autre à cuisiner, à peindre, à coudre…). Ce pourrait être aussi que notre emploi nous permet de transmettre de tels savoirs à des collègues ou à notre clientèle. Peut-être cette transmission se fait-elle plutôt par l’entremise d’activités de loisirs, des activités bénévoles, ou encore par des actions sociales communautaires ou militantes.
Si on détermine qu’on aimerait apporter une plus grande contribution autour de nous et se sentir plus utile, on peut alors se demander comment ce serait possible de le faire concrètement dans notre vie actuelle (p. ex.: offrir de l’aide aux devoirs, se rendre disponible pour du gardiennage, participer à des démarches citoyennes comme des corvées de nettoyage extérieures).
5. Miser sur nos liens sociaux
Les relations positives qu’on entretient avec les autres permettent aussi réellement de combler une partie du vide existentiel. Sentir qu’on a des liens avec d’autres personnes est un besoin fondamental qui alimente notre bien-être. On ressent moins de solitude dans notre existence lorsqu’elle est parsemée de moments partagés. On prend donc le temps de développer des liens significatifs et nourrissants avec des personnes de notre entourage, que ce soient des liens familiaux, amoureux, amicaux ou professionnels.
6. Se fixer des objectifs cohérents
Lorsqu’on clarifie davantage ce qui nous anime au quotidien et comment on veut et peut contribuer à la société, on peut ainsi mieux tracer notre chemin dans la direction souhaitée pour la suite. Avoir une direction un peu plus claire permet de nous fixer des objectifs qui seront stimulants, car plein de sens!
Par exemple, si je détermine que j’ai envie de contribuer au bien-être de ma collectivité et que l’environnement est une valeur importante pour moi, je peux par exemple aménager un coin de jardinage et de la verdure sur mon terrain ou ramasser les déchets qui jonchent le sol dans les environs. Je peux aussi me joindre à des actions déjà existantes dans le quartier (p. ex.: signer une pétition que des personnes du voisinage ont préparée pour diminuer le flot de circulation dans le secteur) ou encore penser à des actions de sensibilisation qui me stimuleraient (p. ex.: participer aux démarches pour mettre sur pied une ruelle verte dans le coin).
En apprivoisant le vide existentiel plutôt qu’en le fuyant, on se donne la perspective et les outils nécessaires pour donner un sens plus clair à notre vie, ce qui est motivant et… vivant!
Merci à Geneviève Beaulieu-Pelletier, psychologue, auteure et conférencière, pour la rédaction de cet article. Ce texte est une adaptation du chapitre sur la solitude, tiré de son livre Trucs de psy: Guide pratique pour s’aider soi-même, publié en octobre 2024 aux Éditions de l’Homme.