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Industrie du fitness: 3 mythes à déconstruire

6 mai 2024

ÉquiLibre

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Pour une image corporelle positive

Temps de lecture 3 minutes
«Comment perdre 10 livres en 3 jours?» «20 exercices pour perdre du ventre.» « Comment brûler les calories en trop?» «Des abdos de fer en 15 minutes!» Qu’on soit au gym, sur les réseaux sociaux ou assis devant la télévision, on nous bombarde sans cesse de ces fausses promesses. Et si on pouvait se libérer de cette pression?

L’industrie de l’amaigrissement et de la mise en forme (fitness) est extrêmement lucrative. Elle profite de l’insatisfaction corporelle et de la vulnérabilité des gens pour faire de l’argent avec les échecs répétés des méthodes qu’elle propose. Elle nous fait miroiter l’idée que la minceur est synonyme de succès, de contrôle, de désirabilité, de performance, de condition physique et de santé. 1, 2

Adhérer à ces croyances peut nuire à la satisfaction corporelle, au plaisir de bouger et à l’adoption d’un mode de vie actif durable.

Selon un sondage réalisé par Léger pour le compte d’ÉquiLibre à l’automne 2023, 41 % des Québécois et Québécoises rapportent que l’industrie de l’amaigrissement et du fitness influence leurs croyances, attitudes et comportements en lien avec leur corps, l’alimentation et l’activité physique. Cette proportion s’élève à 67  % chez les 18 à 34 ans3!

Démystifions ensemble 3 fausses croyances véhiculées par l’industrie de l’amaigrissement et de la mise en forme.

1. L’activité physique permet de modeler son corps comme on le désire.

C’est FAUX! Le poids et la composition corporelle sont influencés par de nombreux facteurs et personne n’a entièrement le contrôle là-dessus.

Saviez-vous qu’environ 78 % des personnes de 15 ans et plus sont motivées à pratiquer une activité susceptible d’améliorer leur apparence4? Pourtant, il est reconnu que le désir de maigrir ou de modifier son apparence comme source de motivation pour bouger plus peut mener à une baisse de l’estime de soi. Pourquoi? Parce que les résultats attendus ne sont souvent pas au rendez-vous. On finit par ne plus aimer bouger, la motivation diminue, et le plaisir n’y est plus.

Pourtant, il existe de nombreux avantages à bouger et à s’entraîner qui n’ont rien à voir avec l’apparence! Le fait de pratiquer une activité physique, même de faible intensité, peut permettre de prendre soin de soi, de gérer son stress, de favoriser sa santé, de briser l’isolement… et bien d’autres choses encore!

2. Il faut souffrir un peu pour profiter des bienfaits de l’activité physique.

Ce n’est pas du tout le cas. On nous envoie souvent le message que l’activité physique doit se faire de façon intense, selon des règles précises. À certains moments, on nous fait aussi croire qu’il existe une seule façon de s’entraîner. Que c’est cette façon uniquement qui va nous permettre d’atteindre nos objectifs.

On peut absolument choisir des activités physiques qui nous procurent satisfaction, plaisir et épanouissement plutôt que des activités qui nous incitent à bouger en suivant des règles précises, externes et moralisatrices. En fait, il existe autant de façons de bouger que de personnes qui bougent et qui sont toutes valables. Il faut choisir celle qu’on a le goût de répéter!

3. Il faut correspondre à un idéal athlétique pour pratiquer une activité physique.

Absolument pas! Les images et vidéos de corps en mouvement sont rarement diversifiées. Les corps sont sculptés et performent à la perfection. Ça peut laisser croire qu’il faut un corps spécifique ou un talent particulier pour pratiquer une quelconque activité physique.

Soyons clair: tout le monde, peu importe son apparence et ses qualités athlétiques, peut pratiquer une activité physique! On n’a pas besoin d’un corps spécifique ni de talent particulier pour faire de l’activité physique, pratiquer un sport ou s’entraîner. Oui, on a tous nos limites, mais respectons-les et allons-y à notre rythme.


Merci à ÉquiLibre pour la rédaction de cet article, réalisé à l’occasion de la Semaine sans diète 2024 ayant pour thème Bougeons… sans pression!.


Sources
1. Association pour la santé publique du Québec. (2017). Habitudes des Québécoises et Québécois quant à la consommation de produits, services et moyens pour la gestion du poids (PSM-GP). Québec, Sondage de la firme Léger.
2. Vennes, M., Mongeau, L., Strecko, J., Paquette, M.-C. et Laguë, J. (2008). Bénéfices, risques et encadrement associés à l’utilisation des produits, services et moyens amaigrissants (PSMA). Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), Gouvernement du Québec.
3. Léger pour le compte d’ÉquiLibre. (2023). Préoccupations envers le poids, l’alimentation et la pratique d’activité physique. Sondage réalisé du 2 au 11 octobre 2023 auprès de 1 803 Québécois et Québécoises de 14 ans et plus.
4. Institut de la statistique du Québec (2020). Enquête québécoise sur l’activité physique et le sport (EQAPS) 2018-2019. https://statistique.quebec.ca/fr/enquetes/realisees/enquete-quebecoise-sur-lactivite-physique-et-le-sport-eqaps-2018-2019
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