Dans la dernière année, on a remarqué l’apparition sur certains emballages alimentaires d’un nouveau symbole nutritionnel de Santé Canada. Il permet d’identifier facilement les produits dont la teneur en sucres, en sodium ou en gras saturés atteint ou dépasse certains seuils fixés. Cette «loupe» devra obligatoirement être affichée sur le devant de l’emballage de tous les produits transformés qui contiennent des teneurs élevées d’un ou plusieurs de ces trois nutriments d’intérêt, et ce, au plus tard le 1er janvier 2026.
Pourquoi un nouveau symbole nutritionnel sur les emballages?
Ce symbole sur le devant des emballages vise à nous aiguiller quant à la composition des produits transformés qu’on achète. Il nous aide à faire des choix éclairés pour notre santé.
Selon une vaste enquête1, les aliments ultratransformés représentent près de 50 % des apports énergétiques quotidiens au Canada. Le constat est le même pour la population québécoise. On sait que ces produits (p. ex., repas préparés surgelés, biscuits et pâtisseries, grignotines, pains tranchés, boissons sucrées, etc.) peuvent avoir des teneurs élevées en sucres, en sodium et en gras saturés. Ces 3 nutriments sont associés à un risque accru de développer certains problèmes de santé chroniques tels que le diabète, l’hypertension et les maladies cardiovasculaires. Or, les aliments ultratransformés ne sont pas les seuls à contribuer aux apports en sucres, en sodium ou en gras saturés. Le symbole nutritionnel cible donc tous les aliments emballés qui présentent un tableau de la valeur nutritive.
Sodium, sucres, gras saturés: des seuils à respecter
Le pourcentage de la valeur quotidienne (VQ) fourni par une portion d’un aliment est une information déjà présente dans le tableau de la valeur nutritive. Lorsque ce pourcentage dépasse le seuil établi pour l’un ou l’autre des 3 nutriments d’intérêt que sont le sucre, le sodium et les gras saturés), le fabricant sera tenu d’afficher le symbole sur le devant de l’emballage. Le symbole sera accompagné d’une mention concernant le ou les nutriments concernés. Ces seuils varient entre 10 %, 15 % et 30 % selon la catégorie d’aliments.
Symbole nutritionnel: près de 2 produits transformés sur 3 touchés
Depuis sa création en 2016, l’Observatoire sur la qualité de l’offre alimentaire a étudié 15 catégories d’aliments différentes en vente dans les épiceries québécoises. Il s’agit de plus de 5 000 produits au total! Et pas moins de 60 % des aliments transformés achetés avaient des teneurs élevées en sucres, en sodium et/ou en gras saturés. Si aucune modification n’est apportée à leur composition, ces aliments devraient donc, d’ici le 1er janvier 2026, porter le symbole sur le devant de leur emballage.
Produits alimentaires réputés «salés»
Les soupes prêtes à servir, les viandes transformées tranchées, les repas et pizzas surgelés de même que les sauces pour pâtes sont des produits réputés «salés». Ils devront donc, dans une très grande majorité, afficher le symbole nutritionnel.
5 catégories d’aliments attirent l’attention
Ces 5 catégories regroupent des produits qui se retrouvent fréquemment dans notre panier d’épicerie. Elles ont été identifiées comme étant les plus grandes contributrices en sucres, en sodium et/ou en gras saturés2.
- Les pains tranchés (sucres, sodium)
- Les céréales à déjeuner (sucres)
- Les biscuits et les galettes (sucres, gras saturés)
- Les grignotines comme les croustilles de légumes ou de fruits, les grignotines en bâtonnets, etc. (sodium, gras saturés)
- Les produits de fromage comme le fromage à tartiner, en tranche ou fondu en bloc (sodium, gras saturés)
Certaines catégories, comme les pains ou les céréales, ont de quoi nous surprendre, car il s’agit d’aliments consommés sur une base hebdomadaire ou même quotidienne. Surtout quand on apprend que les achats de pains tranchés représentent près de 30 % du sodium provenant des achats des 5 000 produits transformés étudiés!
Bien entendu, cela ne signifie pas que l’ensemble des aliments de ces 5 catégories porteront le symbole sur l’emballage. C’est plutôt que certains contribuent fortement aux apports en nutriments à limiter dans la population québécoise. Le symbole nutritionnel devient alors très utile pour faire des choix éclairés parmi toutes les options offertes.
Des exceptions s’appliquent
Certains aliments sont exemptés d’afficher le symbole.
- Les viandes et volailles crues ainsi que les poissons et fruits de mer crus composés d’un seul ingrédient;
- Les produits préparés par le commerce avec leurs propres ingrédients (p. ex., une sauce pour pâtes cuisinée sur place, un repas préparé individuel ou familial);
- Les produits dont l’emballage est de très petite taille (p. ex., gomme à mâcher, bonbons vendus en bouchées);
- Les aliments composés d’un seul ingrédient et dont la consommation a un effet protecteur démontré sur la santé comme les fruits et les légumes frais, congelés ou en conserve, le lait nature, les œufs, les noix et certains beurres de noix ainsi que les huiles végétales ayant une faible teneur en gras saturés.
Comment utiliser le symbole pour faire des choix à l’épicerie?
L’obligation des fabricants d’afficher le symbole nous permet d’avoir un outil de plus pour nous aider à faire des choix nutritifs à l’épicerie. Voici quelques pistes sur son utilisation en complément des autres informations présentes sur l’emballage.
Absence du symbole: probablement un bon choix
L’absence de la loupe nous permet d’effectuer rapidement une première sélection à l’intérieur d’une catégorie donnée. Les produits n’affichant pas le symbole représentent possiblement de meilleurs choix.
Comparer deux produits similaires entre eux
L’arrivée du symbole ne devrait pas nous dissuader de consulter le tableau de la valeur nutritive et la liste des ingrédients. Bien sûr, le symbole nous permet d’identifier les produits à teneur élevée en sucres, en sodium et en gras saturés. Mais le tableau de la valeur nutritive demeure utile entre autres pour comparer deux produits entre eux selon d’autres critères (p. ex., la teneur en fibres alimentaires ou en protéines).
Il en va de même pour la liste d’ingrédients. La réglementation pourrait inciter les fabricants à modifier la composition de leurs produits afin de diminuer la teneur d’un nutriment et d’éviter le symbole. Certaines de ces substitutions sont souhaitables, bien entendu. D’autres, comme le fait de remplacer les sucres par des édulcorants (p. ex., aspartame, sucralose), posent toutefois problème. L’Organisation mondiale de la Santé suggère d’ailleurs de ne pas consommer d’édulcorants. Elle précise qu’une utilisation à long terme de ces substances augmenterait plutôt le risque de diabète de type 2, de maladies cardiovasculaires et de mortalité. D’où l’importance de regarder la liste d’ingrédients si 2 produits similaires contiennent des teneurs en sucres vraiment différentes.
Symbole nutritionnel, ingrédients, valeur nutritive: une mine d’or d’infos!
Le symbole nutritionnel s’appliquera à une vaste majorité des aliments transformés emballés et peut réellement nous aider à orienter nos choix. Cependant, il ne nous transmet qu’une partie de l’information: la liste des ingrédients et le tableau de la valeur nutritive demeurent toujours pertinents pour prendre des décisions éclairées à l’épicerie.
Merci à l’équipe de l’Observatoire de la qualité de l’offre alimentaire pour la rédaction de cet article.