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Stress et anxiété: conseils simples d’un médecin

24 mars 2026

Temps de lecture 4 minutes

Présenté par :

FMOQ
Quand le stress et l’anxiété prennent trop de place, on cherche souvent des solutions complexes. Pourtant, les premiers pas sont parfois plus simples qu’on le pense. On en discute avec le Dr Sébastien Burelle, médecin de famille.

Dans les consultations pour le stress et l’anxiété, les médecins misent souvent sur des bases simples, accessibles et réalistes: observer ses sensations, utiliser la respiration, bouger, faire une pause des écrans, prendre soin de ses besoins… Autant de bonnes habitudes qui ne servent pas seulement à réduire le stress, mais aussi à soutenir le mieux-être global, jour après jour. Voyons comment le Dr Burelle aborde ces situations en consultation.

Q
Quand une personne arrive en disant «Je vis trop de stress, je ne sais plus quoi faire», par où commencez-vous?
R

D’abord, je prends toujours le temps de bien cerner la situation. Les gens arrivent souvent en disant «je vis de l’anxiété» ou «je vis du stress», mais ces mots recouvrent des réalités différentes. Mon rôle, c’est d’aider à clarifier ce qui se passe réellement, à quel moment et à quelle intensité.

Le stress et l’anxiété font partie de la vie, et c’est normal d’en vivre. Quand ces états deviennent fréquents, très intenses ou qu’ils nuisent au bien-être et au fonctionnement en général, l’accompagnement doit être adapté.

Q
Et si le stress ou l’anxiété sont vécus au quotidien?
R

Je commence presque toujours par explorer ce que la personne ressent concrètement. Quand quelqu’un dit «je ne vais pas bien», c’est souvent très flou. J’essaie donc de préciser: qu’est-ce qui se passe dans le corps? Quelles sensations sont présentes? Où se manifestent-elles?

Beaucoup de personnes parlent de tensions dans les épaules, d’une boule dans la poitrine ou dans le ventre, d’un sentiment d’oppression. On prend le temps de décrire ces sensations. Est-ce lourd, serré, diffus? Juste le fait de mettre des mots là-dessus aide à y voir plus clair.

Ensuite, j’explore les besoins. Qu’est-ce que cette personne aimerait retirer de la rencontre? Qu’est-ce qui serait aidant pour elle, ici et maintenant? Est-ce de trouver des activités permettant de se couper de ses préoccupations (faire de l’activité physique, de la méditation, voir ses proches, etc.)? De chercher une aide professionnelle en santé mentale? D’identifier ce dont elle a besoin lui permet de reprendre un peu de contrôle.

Q
Pourquoi est-ce si important de passer par les symptômes physiques?
R

Parce que le stress et l’anxiété se manifestent rarement seulement «dans la tête». Les sensations corporelles sont souvent le premier signal.

Quand on prend le temps de les observer, elles deviennent moins menaçantes. On réalise que ce sont des sensations désagréables, oui, mais pas dangereuses. On peut apprendre à être avec elles, à respirer malgré leur présence, à continuer de vivre sans lutter constamment contre elles. Souvent, cette prise de conscience enlève déjà une couche de tension. Bien sûr, on peut avoir besoin de consulter un professionnel ou une professionnelle de la santé mentale et on n’hésite pas à le faire si c’est le cas.

L’erreur la plus fréquente, c’est de vouloir faire disparaître le stress ou l’anxiété à tout prix, plutôt que d’apprendre à l’écouter et de comprendre quelle est la raison de sa présence.

Q
Vous remarquez aussi que de nombreuses personnes sont très dures envers elles-mêmes. Comment ça se manifeste?
R

Beaucoup de personnes minimisent ce qu’elles vivent. Elles se disent qu’elles n’ont pas de raison d’aller mal, que ce n’est pas si grave, que d’autres ont vécu pire.

Je leur demande: si un ami ou une amie venait vous voir avec la même situation, est-ce que vous lui diriez qu’il ou elle exagère? La réponse est presque toujours non.

Apprendre à se traiter avec la même bienveillance que celle dont on fait preuve envers les autres, c’est une base essentielle.

Q
Quel mythe sur le stress et l’anxiété entendez-vous le plus souvent?
R

Un mythe très fréquent, c’est l’idée que prendre soin de soi est égoïste. Pour moi, c’est tout le contraire.

Je demande souvent à la personne devant moi: aimeriez-vous vous faire soigner par un médecin qui prend soin de lui ou par un médecin épuisé? Aimeriez-vous vous faire aider par une personne qui va bien ou par une personne à bout de souffle?

Quand on prend soin de soi, tout le monde en bénéficie. C’est un geste altruiste, pas égoïste.

Un autre mythe, c’est de croire qu’on ne devrait pas souffrir parce que, objectivement, «tout va bien». Pourtant, quand on gratte un peu, on découvre souvent des expériences difficiles, anciennes ou récentes, qui ont laissé des traces. Là encore, la validation fait toute la différence.

Q
Les consultations sont courtes, et votre temps est limité. Comment arrivez-vous à intervenir malgré tout?
R

J’accorde beaucoup d’attention au non-verbal. Un regard qui change, des yeux qui rougissent, une émotion qui monte. Je le nomme, sans présumer de ce dont il s’agit.

Parfois, une seule question bien placée permet d’aller au cœur de l’enjeu, même dans une consultation courte.

Si vous aviez un seul conseil à transmettre, lequel ce serait?

Remarquez votre discours intérieur. Est-ce que vous parleriez ainsi à quelqu’un que vous aimez, ou même à une personne que vous ne connaissez pas?

Q
Quelles habitudes simples aident vraiment à mieux gérer le stress au quotidien?
R

Je donne peu de conseils directs. J’essaie plutôt d’aider la personne à découvrir ce qui fonctionne pour elle.

Cela dit, certaines choses reviennent souvent:

  • Prendre conscience de ses sensations, quand ça ne va pas… et quand ça va;
  • Utiliser la respiration comme point d’ancrage;
  • S’activer physiquement;
  • Faire une pause des écrans;
  • Porter attention à son sommeil et à ce qui l’influence;
  • Se donner la permission de prendre soin de ce qui en a besoin.

Un exercice simple que je propose parfois est le STOP:

  • S’arrêter un instant;
  • Trouver sa respiration;
  • Observer ce qui est présent;
  • Poursuivre ensuite ce qu’on faisait.
Q
Et vous, qu’est-ce qui vous aide à garder votre équilibre?
R

Le yoga, la méditation, l’activité physique, la nature, bien manger, passer du temps avec les gens que j’aime. Et aussi mon travail. Prendre soin des autres me nourrit énormément. C’est une façon très concrète de prendre soin de moi aussi.

L’erreur la plus fréquente, c’est de vouloir faire disparaître le stress ou l’anxiété à tout prix, plutôt que d’apprendre à l’écouter et de comprendre quelle est la raison de sa présence.

— Dr Sébastien Burelle

Quand on prend soin de soi, tout le monde en bénéficie. C’est un geste altruiste, pas égoïste.

— Dr Sébastien Burelle

Merci au Dr Sébastien Burelle, médecin de famille, pour sa collaboration à la réalisation de cet article.



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