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Diètes amaigrissantes: 3 mythes culpabilisants

28 avril 2026

ÉquiLibre

Pour une image corporelle positive

Temps de lecture 4 minutes
2 femmes qui mangent et discutent
On les présente souvent comme des solutions simples et efficaces pour perdre du poids. Pourtant, les diètes amaigrissantes reposent sur plusieurs idées fausses qui entretiennent le blâme et le sentiment de culpabilité. Voici 3 mythes à déconstruire pour se sentir mieux.

Mythe 1: «Les diètes sont efficaces.»

C’est sans doute le mythe le plus tenace. Les diètes amaigrissantes sont souvent présentées comme des solutions simples, rapides et presque universelles. On nous promet une meilleure maîtrise de notre alimentation, parfois même une version plus «acceptable» de nous-même.

Comme le rappelle Andrée-Ann Dufour Bouchard, nutritionniste, cheffe de projets chez ÉquiLibre, «ce n’est pas parce que certaines personnes perdent du poids au début que c’est une méthode efficace». Une diète peut donner l’impression de fonctionner pendant quelques semaines ou quelques mois, sans que cette perte de poids soit durable. «La science démontre bien que la majorité des gens reprennent le poids perdu, et souvent même plus, après l’arrêt d’une diète amaigrissante1», souligne-t-elle.

«Et surtout, ça ne dit rien du coût réel de la méthode», fait remarquer Mme Dufour Bouchard. Laisse-t-elle de la place au plaisir de manger, à la vie sociale, aux imprévus? Ou nous pousse-t-elle à penser constamment à l’alimentation, au corps, à ce qu’on a mangé ou pas mangé? Quand la charge mentale prend toute la place, on est loin d’une solution viable.

On voit aussi circuler toutes sortes de messages sur le «poids santé» ou sur le nombre de calories à consommer pour maigrir. Or, se demander combien de calories il faut manger pour perdre du poids donne l’impression qu’il suffirait d’appliquer la bonne formule pour obtenir le bon résultat. En réalité, le corps humain est beaucoup plus complexe que ça.

Oui, une diète peut parfois entraîner une perte de poids à court terme. C’est d’ailleurs ce qui nourrit sa «crédibilité». Mais un résultat rapide ne veut pas forcément dire qu’une approche est efficace à long terme.

Mythe 2: «Si ça marche pour une autre personne, ça va marcher pour moi.»

Les témoignages personnels ont un pouvoir immense. On voit une personne raconter son parcours, montrer des photos avant-après, détailler sa routine, et on se dit que cette méthode doit être la bonne.

Mais une histoire personnelle ne constitue pas une preuve. «Les témoignages, ça vient beaucoup nous chercher, mais ce n’est pas parce que ça a fonctionné pour une personne que ça va fonctionner pour tout le monde», rappelle Andrée-Ann Dufour Bouchard.

Les corps ne réagissent pas tous de la même façon. Le poids est influencé par une foule de facteurs, dont plusieurs sont difficiles, voire impossibles, à contrôler: la génétique, l’âge, certains médicaments, le stress, les conditions de vie, le temps disponible et les ressources financières. Deux personnes peuvent adopter les mêmes comportements sans obtenir les mêmes résultats.

À ça s’ajoute l’influence bien réelle de l’industrie de l’amaigrissement et de la remise en forme. «Dans un sondage Léger réalisé pour ÉquiLibre en 20252, 40 % des personnes interrogées disent que cette industrie influence leurs croyances, leurs attitudes ou leurs comportements», souligne Mme Dufour Bouchard.

Pas étonnant, dans ce climat, que les promesses relayées dans les médias sociaux par des influenceuses, des influenceurs ou des coachs finissent par paraître crédibles.

Mythe 3: «Avec assez de volonté, je peux contrôler mon poids.»

Cette idée est partout. Elle laisse croire que le poids serait surtout une affaire de discipline personnelle. Comme si, avec assez de volonté, tout devenait prévisible et contrôlable. Cette vision simplifie à l’excès une réalité beaucoup plus complexe.

Bien sûr, les habitudes de vie jouent un rôle. Mais elles ne permettent pas, à elles seules, de prédire ce qui arrivera au poids. Mme Dufour Bouchard rappelle qu’on oublie souvent d’autres facteurs en jeu: le métabolisme, les changements hormonaux, la ménopause, l’hérédité ou encore le contexte de vie.

Réduire le poids à la volonté entretient aussi une idée très culpabilisante: si on ne maigrit pas, c’est qu’on n’a pas fait assez d’efforts. Ce discours est loin d’être anodin. Selon le même sondage2, 56 % des Québécois et Québécoises souhaitent maigrir, peu importe leur poids. Et 47 % disent que le contrôle de leur poids ou de leur apparence les obsède.

Ces chiffres montrent à quel point la pression est forte. Ils rappellent aussi que le discours sur le poids n’est jamais neutre. Il s’inscrit dans une culture où la grossophobie est bien présente, et où certaines personnes subissent davantage de jugements, de pression ou de stigmatisation à cause de leur corps.

Sortir du réflexe de se blâmer

«Déconstruire les mythes sur les diètes amaigrissantes ne veut pas dire renoncer à prendre soin de soi», précise Mme Dufour Bouchard. Ça peut aussi vouloir dire revenir à des repères plus réalistes: de petits changements qu’on peut maintenir, adaptés à notre rythme et à ce qui est faisable au quotidien, qui nous font du bien.

Mieux manger, bouger d’une façon qui fait du bien, cuisiner davantage ou être plus à l’écoute de sa faim sont des habitudes qui peuvent avoir des effets concrets sur le bien-être, sans passer par une logique de contrôle ou de culpabilisation.

Le poids, l’image corporelle et le bien-être ne se résument pas à une formule magique. Et quand une diète ne fonctionne pas, ce n’est pas une preuve qu’on a manqué de volonté. C’est peut-être simplement un rappel que le corps humain n’est pas un problème à corriger avec une solution toute faite.


Merci à ÉquiLibre pour la rédaction de cet article, réalisé à l’occasion de la Semaine sans diète 2026 ayant pour thème Les diètes, ça marche pas!


Sources

1. Voir les notes bibliographiques 4 à 8 du document suivant: Association pour la santé publique du Québec, Ordre des diététistes nutritionnistes du Québec, Fédération des kinésiologues du Québec (2024). Les produits, services et moyens amaigrissants: protégeons la santé des femmes. Mémoire à l’intention du comité permanent de la santé dans le cadre des travaux sur la santé des femmes.
2. Léger pour le compte d’ÉquiLibre (2025). Image corporelle, alimentation et activité physique. Portrait des préoccupations des Québécois.es 2025. Infographie. Sondage réalisé auprès de 1811 Québécois.es âgé.e.s de 14 ans et plus.
Crédit photo : © ÉquiLibre
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