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L’huile de coco n’est pas un gras santé

23 novembre 2021

Observatoire de la prévention

Observatoire de la prévention

de l’Institut de Cardiologie de Montréal

Temps de lecture 2 minutes
L’huile de noix de coco est un gras saturé, mais on entend souvent qu’elle pourrait être un choix santé. Pourtant, les gras saturés sont généralement reconnus comme des gras dommageables pour la santé du cœur. Qu’en est-il vraiment? L’Observatoire de la prévention fait le tour de la question.

L’huile de coco: ce qu’on en dit

Il faut bien admettre que nous sommes littéralement bombardés d’affirmations contradictoires sur les bienfaits et méfaits des graisses alimentaires sur la santé. Il peut être difficile de s’y retrouver dans tout ce brouhaha!

L’huile de coco, devenue très populaire au cours des dernières années, est un excellent exemple de cette confusion associée aux matières grasses dans l’alimentation.

  • D’un côté, les partisans enthousiastes de cette huile tropicale proclament qu’elle exerce plusieurs effets bénéfiques sur la santé, que ce soit en diminuant la graisse abdominale, en améliorant l’immunité ou encore en prévenant le développement des maladies cardiovasculaires et même des démences.
  • De l’autre, ses détracteurs soulignent que 90 % des gras de l’huile de coco sont des gras saturés, reconnus pour hausser les taux de cholestérol LDL et augmenter le risque de maladies cardiovasculaires, et que cette huile pourrait donc avoir des effets négatifs sur la santé.

Qui dit vrai?

Hausse de cholestérol sanguin

Globalement, les résultats de plusieurs études récentes penchent vers un effet plutôt négatif sur la santé de l’huile de coco. Par exemple, les taux de cholestérol LDL mesurés après l’ingestion d’huile de coco montrent une hausse considérablement plus importante (9 %) que celle associée aux huiles végétales non tropicales, riches en gras insaturés (canola, tournesol, arachide, olive, etc.). La hausse des taux de cholestérol LDL provoquée par l’huile de coco est également plus forte que celle associée à l’huile de palme, une autre huile tropicale riche en gras saturés.

L’huile de coco ne semble également pas avoir d’effet positif sur d’autres facteurs de risque cardiovasculaire, que ce soit la glycémie, l’inflammation ou encore l’excès de graisse.

Les bénéfices attribués à l’huile de coco ne se matérialisent donc pas dans les études réalisées jusqu’à maintenant. Au contraire, la forte teneur en gras saturés de l’huile de coco est associée à une hausse des taux de cholestérol qui pourrait avoir des effets négatifs sur la santé cardiovasculaire.

Privilégier les gras insaturés

Ces résultats ne sont pas très étonnants, dans la mesure où il est établi depuis longtemps qu’une réduction de l’apport en gras saturés, combinée à un apport accru en gras insaturés, représente la combinaison de matières grasses optimale pour prévenir les maladies cardiovasculaires et diminuer le risque de mortalité prématurée.

Concrètement, cela signifie qu’au lieu d’utiliser l’huile de coco, il faut plutôt:

  • privilégier les sources alimentaires de matières grasses insaturées. Les huiles végétales (en particulier l’huile d’olive extra-vierge et les huiles riches en oméga-3 comme celle de canola), les noix, certaines graines (lin, chia, chanvre), les poissons gras (saumon, sardines) et certains fruits comme les avocats sont tous d’excellentes sources de graisses insaturées bénéfiques pour la santé cardiovasculaire.
  • limiter l’apport de gras saturés provenant d’autres aliments qui en sont principalement composés, comme le beurre et les viandes rouges.

L’huile de coco devrait quant à elle être considérée comme une source de gras occasionnelle, que l’on utilise pour sa saveur unique, qui se marie à merveille aux parfums de nombreux plats des cuisines indienne, thaïlandaise et indonésienne. Au quotidien, par contre, l’utilisation d’huiles végétales riches en gras insaturés (olive et canola, en particulier) demeure la clé pour optimiser l’apport en matières grasses de bonne qualité.


Cet article est adapté d’un texte initialement publié à observatoireprevention.org. Les études dont sont tirés les résultats mentionnés ci-dessus sont décrites plus en détail dans l’article original.

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