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Transport actif et relations humaines: deux atouts pour la santé

12 octobre 2021

Temps de lecture 4 minutes

Présenté par :

FMOQ
Il est bien connu que l’adoption de saines habitudes de vie permet de prévenir les maladies chroniques et d’améliorer la santé. Bien s’alimenter, bouger chaque jour, cesser de fumer et gérer son stress font partie des habitudes qu’on connaît le plus. Mais saviez-vous que le transport actif et les relations sociales contribuent aussi à une santé optimale?

L’Organisation mondiale de la Santé recommande pour les adultes un minimum de 150 minutes d’activité physique à intensité modérée ou de 60 à 75 minutes d’activité physique à intensité élevée par semaine. Adhérer à cette recommandation réduirait la mortalité et la morbidité (risque de souffrir de maladies et de cancers) de toutes causes de 20 % à 50 %.

Pourtant, trop peu de gens mettent en pratique cette recommandation. Il faut dire que la conciliation travail-famille représente un défi. En raison du vieillissement de la population, les travailleurs n’ont plus uniquement un rôle de parents à jouer. Ils doivent aussi souvent remplir celui de proches aidants. Réussir dans ces circonstances à se garder du temps pour soi, du temps en couple et du temps en famille demande toute une planification! Alors trouver du temps en plus pour de l’activité physique peut s’avérer compliqué!

Intégrer le transport actif à l’horaire

Et si le secret était d’utiliser son temps de transport pour faire de l’activité physique? Simon Benoit est médecin urgentiste à l’Hôpital de Verdun, à Montréal. Le transport actif, il connaît. Il a vendu sa voiture et fait plus de 50 km de course à pied par semaine pour se rendre à son travail. L’impact sur sa qualité de vie est énorme: sommeil réparateur, meilleure digestion, énergie – et patience! – à la hausse. «L’être humain n’a pas été conçu pour être sédentaire. Depuis qu’il l’est devenu, il y a une centaine d’années, les maladies chroniques comme les maladies cardiaques, l’hypertension et le diabète se multiplient. Aucun médicament ne peut remplacer l’activité physique au quotidien.»

Le Dr Benoit est bien conscient que ce n’est pas tout le monde qui va se mettre à courir 50 km par semaine. «L’objectif du transport actif n’est pas de transformer la population entière en grands sportifs. Faire du sport, c’est une chose; être actif au quotidien, c’est une autre chose. On a le droit de haïr ça, faire du sport», dit en riant celui qui fait des marathons dans son temps libre. «Mais être actif au quotidien, c’est essentiel pour une bonne santé. La nôtre et celle de la planète. Le transport actif nous permet en effet de contribuer à l’environnement en réduisant nos émissions de gaz à effet de serre.» Et tout ça sans empiéter sur le temps en famille!

Briser les comportements sédentaires

Le transport actif permet en plus de briser les comportements sédentaires. «Il ne suffit pas de faire 30 minutes d’exercice modéré par jour le matin ou en arrivant du travail. À partir du moment où on passe plus de 4 heures assis, il y a des effets néfastes pour la santé.»

L’idéal est donc de bouger plusieurs fois par jour. En faisant du transport actif pour aller au travail ou faire ses commissions, on ajoute 2 ou 3 périodes d’activité physique dans sa journée. Si en plus on prend la bonne habitude de faire une marche sur l’heure du midi, en écoutant de la musique ou un balado, et en soirée, avec toute la famille, on vient encore d’ajouter d’autres périodes d’activité physique. Et ça, c’est gagnant, selon le Dr Benoit. «On peut laisser la voiture près de la garderie et marcher ou courir jusqu’au métro ou à l’arrêt d’autobus, suggère-t-il. Si on fait du télétravail, on fait une marche d’un bon pas matin et soir, comme si on se rendait au travail et en revenait. Entre ça, on intègre des pauses actives

Être bien entouré, c’est bon pour la santé

Tout comme le Dr Benoit, la Dre Jacinthe Bordeleau a développé un intérêt pour la médecine du mode de vie, qui mise sur de saines habitudes pour aider les patients à prendre leur santé en main. «Avec mes années de pratique, je vois que les médicaments ne font pas de miracle. Je crois que ça pourrait être bénéfique de changer notre approche», explique la médecin de famille installée à Trois-Pistoles. «Le but, c’est de traiter non seulement la maladie, mais également de promouvoir une bonne santé.»

La médecin s’intéresse particulièrement aux relations sociales. On a bien vu avec la pandémie à quel point les contacts humains étaient importants. Être en interaction avec d’autres fait partie de nos besoins élémentaires. Nos interactions sociales aident à réduire notre niveau de stress et donnent du sens et un but à nos vies.

«Le fait d’avoir des relations de qualité est notamment associé à une réduction du risque de mortalité, de symptômes dépressifs, de troubles de l’anxiété et du déclin des capacités cognitives. De bons liens sociaux aident en outre à réduire la tension artérielle ainsi que le développement des maladies cardiovasculaires, des AVC et de certains cancers», énumère la Dre Bordeleau. À l’inverse, l’isolement social serait associé à un risque de mortalité prématurée d’environ 30 %.

Les effets de la solitude et de l’isolement social sur la santé seraient aussi néfastes que d’être obèse, sédentaire ou fumeur!

Établir des relations significatives

Mais comment concrètement favoriser les relations humaines qui vont contribuer à la santé? «Il n’y a pas de recette magique. Chacun y va selon ses champs d’intérêt. On peut faire du bénévolat pour rencontrer de nouvelles personnes, s’inscrire à un club de lecture, faire du jardinage communautaire, participer à des corvées de nettoyage. On peut décider d’interagir avec des personnes qu’on connaît moins, mais qu’on croise souvent: les collègues au travail, les voisins, les commerçants. On peut tout simplement dresser la liste des personnes qui sont importantes pour nous, et s’engager à les appeler une fois par semaine. L’important, c’est d’y prendre plaisir», insiste la Dre Bordeleau.

Et pourquoi ne pas combiner transport actif et relations sociales en se rendant au travail en vélo avec des collègues ou en allant chercher les enfants à l’école à pied? C’est ce qui s’appelle joindre l’utile à l’agréable!


Merci au Dr Simon Benoit, médecin urgentiste, et à la Dre Jacinthe Bordeleau, médecin de famille, pour leur collaboration à cet article.

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