Manger local, ce n’est pas seulement faire plaisir à nos papilles avec des produits savoureux qui n’ont pas parcouru des centaines de kilomètres. C’est aussi prendre soin de l’environnement et encourager l’économie d’ici.

C’est quoi, manger local?

Laurence Deschamps-Léger mange local depuis plus de 10 ans. Qu’est-ce que ça veut dire? Qu’elle privilégie les aliments qui proviennent de la province, de la région ou même de son jardin. Plus c’est près, mieux c’est!

Pourquoi manger local?

Pour elle, il s’agit d’un mode de vie en accord avec ses convictions: vivre au rythme des saisons, cuisiner avec des produits frais, découvrir la diversité des aliments qui poussent sur notre territoire (non, on ne mange pas que du navet quand on mange local!), faire des choix responsables pour l’environnement, soutenir l’économie d’ici.

L’agroalimentaire intéresse la jeune femme depuis ses études en développement international. Cela lui tient à cœur à tel point qu’elle en a fait une vocation! Celle qui a déjà travaillé pour Les Fermes Lufa crée désormais des articles de papeterie mettant en vedette des fruits et des légumes locaux. Quand on voit son calendrier ou ses affiches sur son site, Laucolo, on n’a qu’une envie tellement c’est beau: devenir locavore nous aussi! Elle a également cofondé On sème, un OBNL qui propose différents événements en lien avec l’alimentation locale, entre autres l’École du potager urbain.

C’est difficile, manger local?

«C’est sûr qu’on est plus limités dans nos choix, mais il ne faut pas le voir comme une privation. J’essaie plutôt de développer un sentiment d’appréciation pour ce que je mange. On a quand même accès au Québec à une belle diversité d’aliments (produits laitiers, œufs, viande, légumineuses, etc.), en plus des fruits et légumes. On peut cuisiner différemment, redécouvrir des aliments, adapter des plats. Au début, ça demande du temps et de l’organisation. Mais rapidement, notre éventail de recettes va s’élargir. C’est pourquoi il ne faut pas se mettre de pression», précise la jeune femme. On opte donc pour le local graduellement, en adoptant de nouvelles habitudes… un navet à la fois!

3 astuces pour manger local

1. Avoir un potager

Que ce soit dans la cour ou sur le balcon, on peut faire pousser presque tous les légumes! On peut aussi faire pousser des fines herbes ou faire ses germinations. Comme ça, on a toujours de la verdure à portée de main. «Jardiner, ça permet d’apprécier pleinement ce qu’on a dans notre assiette, car on sait tous les soins qu’on y a apportés», souligne Laurence.

2. Regarder les étiquettes

À l’épicerie, on regarde les étiquettes pour connaître la provenance des aliments. On recherche la mention Aliments du Québec sur les produits frais et surgelés, les conserves…

En ce qui concerne la viande, en découvrir la provenance est plus difficile. Il est bien sûr possible de consommer de la viande bio produite au Québec, mais c’est plus cher. La solution? «Manger moins de viande! répond en riant Laurence, qui a choisi le végétarisme comme alimentation. Ou encore, on peut se procurer de la viande dans une boucherie, où les employés et employées seront plus à même de nous indiquer d’où elle vient.»

3. Transformer pour mieux conserver

Laurence avait l’habitude de faire des conserves à l’automne: tomates, cornichons, carottes, gelée de poivrons rouges… Lorsqu’elle manque de temps, elle opte plutôt pour la congélation et la déshydratation. Peu importe la méthode utilisée, c’est une bonne façon de manger local à l’année!

Et l’hiver, on fait comment?

Bon, on ne se le cachera pas: le Québec étant une contrée nordique, la papaye et la goyave n’y poussent pas tant, hein. On peut quand même trouver une diversité de fruits et légumes à manger en hiver. Pensons bien sûr aux légumes-racines, qui se conservent longtemps, comme le navet (on n’y échappe pas!), le panais, les carottes, le topinambour, la betterave, la rabiole, le céleri-rave, sans oublier les pommes, le poireau, l’oignon, l’ail, etc. Pourquoi ne pas vous abonner à un panier bio d’hiver auprès d’un fermier de famille?

On peut agrémenter le tout de fruits et légumes de serre comme les fraises, la tomate, le concombre, la laitue, le bok choy, le poivron… Toutefois, il faut savoir que la culture en serre a un impact important sur le climat à cause de la consommation d’énergie (beaucoup de serres sont chauffées au mazout, un combustible fossile qui a un lourd bilan GES).

On pense aussi à la section des surgelés à l’épicerie, où on trouve des produits québécois, comme des mélanges de légumes. Ça dépanne!

Au bout du compte, la clé, c’est la saisonnalité. On profite tellement plus des aliments lorsqu’on les savoure en saison!


Merci à Laurence Deschamps-Léger pour sa collaboration à cet article.

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