Conseils

Stress, anxiété, performance: 5 trucs pour respecter ses limites

30 novembre 2021

Nathalie Parent

Nathalie Parent

psychologue

Temps de lecture 4 minutes
Le stress et le désir de bien performer sont des éléments qui nous font avancer dans la vie, pourvu qu’on tende vers un équilibre. Voici 5 conseils pour passer de la superwoman à la femme «suffisamment bonne», de façon à favoriser son bien-être.

La superwoman

Selon vous, que fait la superwoman en 2021? Elle s’assure que la maison soit propre et à l’ordre, que les finances balancent, elle pense aux repas et aux lunchs santé et équilibrés et les prépare, prend en charge les rendez-vous (dentiste, garagiste, optométriste, etc.), fait l’épicerie, le lavage, de l’exercice pour être en forme, conserver sa ligne et son poids santé, dort bien, entretient sa vie sociale et ses réseaux sociaux, reste présente pour les enfants, s’occupe de la santé des enfants et des parents vieillissants, s’assure que son couple va bien, et tout ça avec le sourire parfait! Ouf! Êtes-vous épuisée (pour ne pas dire autre chose!) de chercher à correspondre à ces standards?

Nous sommes dans une ère de performance, certes, mais qu’est-ce qui nous pousse à perpétuer cette pression? Se poser la question et y réfléchir, c’est déjà prendre conscience de nos motivations et amorcer un changement.

  • Est-ce une difficulté à déléguer ou à faire confiance?
  • Est-ce la simple répétition du modèle familial vécu?
  • Est-ce une compétition envers les autres femmes?
  • Est-ce une difficulté à dire non?
  • Est-ce le besoin de se sentir importante, compétente, indispensable?…

Qu’est-ce que la wo(h)man suffisamment bonne?

On parle beaucoup d’anxiété de performance chez les jeunes et on cherche à les aider. Mais se peut-il qu’une aide efficace commence par la modification de notre façon d’être en tant que premier modèle? Cherchons à passer de la «superwoman» à la «wo(h)man suffisamment bonne».

Cette dernière expression m’a été inspirée par la théorie du célèbre pédiatre et psychanalyste anglais Donald Winnicott «La mère suffisamment bonne». Il avait observé qu’un bébé se développe sainement sans avoir une mère parfaite. Quelques imperfections étaient même essentielles dans les soins. Le fait que la maman ne réponde pas à tout et ne réponde pas non plus dans l’immédiat pousse l’enfant à vouloir répondre à ses propres besoins. Ce qui l’amène à tenir compte de la réalité et de sa mère en tant que personne entière.

Ainsi, la wo(h)man suffisamment bonne va vivre des imperfections ou des erreurs et être poussée à s’améliorer, à apprendre.

Rappelez-vous dans votre quotidien de vous demander si cela doit être parfait ou juste assez pour l’instant. Il y aura toujours plus à faire, mais à quel prix?

Tout est dans l’équilibre

Le stress et l’anxiété sont des éléments essentiels à notre vie. Il existe une zone idéale, une courbe en U inversé où trop peu de stress nous emmène dans l’ennui, à un manque de stimulation pour performer ou avancer. Et à l’autre bout, un stress en trop grande quantité ou durée qui nous amène à perdre nos moyens, à en faire trop et nous épuiser. Il faut plutôt chercher votre équilibre.

Voici quelques conseils.

1. Se ramener à soi quand on se compare 

La comparaison et la compétition sont inévitables et présentes dans les relations (entre amis, dans la famille ou dans les milieux de travail). L’idée n’est pas d’éliminer ces élans, mais bien d’en prendre conscience pour ensuite vous ramener à vous dans l’instant présent, à ce que vous voulez, à ce dont vous avez besoin. Avec les réseaux sociaux, il est facile de se comparer et de chercher un idéal impossible à atteindre. Derrière la photo parfaite sur Facebook ou Instagram, il y a tout un processus, des efforts, des corrections et peut-être même des conflits.

2. S’arrêter pour déterminer son besoin et pourquoi on le fait

Des besoins de base plus physiologiques comme manger, dormir, être en sécurité aux besoins sociaux (loisir, amis, appartenance) et individuels (reconnaissance, réussite, détente, bouger), il importe de vous arrêter pour réfléchir à ce qui vous fait du bien. Si votre besoin en est un de repos, accordez-vous des moments de pause, prenez congé, diminuez vos heures ou votre charge de travail, modifiez votre façon de voir le travail, etc.

3. Être en cohérence avec qui on est

Si les relations sont importantes pour vous, alors accordez du temps à cela, communiquez. Et si pour vous sentir bien vous avez besoin d’un espace de travail ou d’une maison en ordre, alors dégagez du temps pour le ménage ou instaurez des règles à la maison. Même chose si l’autonomie de votre jeune ou votre santé vous tient à cœur: faites des choix en conséquence.

4. Accepter d’avoir des limites

Cela semble évident, mais dans une ère où tout est possible en un clic ou une intervention chirurgicale, il devient de plus en plus ardu d’accepter nos limites individuelles, de temps ou dues au ralentissement lié à l’âge. C’est tout un travail, et parfois c’est la vie ou notre corps qui nous met face à la limite. Si vous avez un côté perfectionniste et avez tendance à mettre beaucoup de choses sur votre to-do list, peut-être pourriez-vous inscrire des moments à vous en solo sur cette liste. Ou encore, ajouter des minutes au temps estimé pour chaque tâche à faire. Acceptez que tout ne soit pas fait.

5. Reconnaître ce sur quoi on a du pouvoir et mettre l’énergie à changer ce qui peut l’être (soi, sa perception, sa communication)

Vous ne pouvez changer l’autre, mais vous pouvez modifier votre rapport à l’autre; en changeant votre façon de communiquer, en prenant conscience de ce qui vous dérange, des émotions qui vous habitent, de ce que la situation vous fait vivre. Prenez le temps de respirer plutôt que décharger votre colère, osez exprimer vos besoins, vos attentes, etc.

N’oubliez pas que personne ne peut vous donner des minutes de plus à vos journées. Mais vous avez le pouvoir de vous accorder des moments à vous. Je termine en vous donnant un défi: prenez 5 minutes par jour pour ne rien faire (sans écran), juste être avec vous-même. Passez du «faire» au «être» et bon défi!


Merci à la psychologue Nathalie Parent pour la rédaction cet article.

Bilan de l’aventure: le journal de Chantal

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