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Une recette du bonheur, ça existe?

9 novembre 2021

Temps de lecture 4 minutes
Combien avez-vous lu d’articles comme celui-ci portant sur le bonheur? Textes, livres, balados et chroniques dévoilent à profusion des recettes pour atteindre le bonheur. Mais, c’est quoi au juste, le bonheur? Quel est le véritable secret pour être heureux? Quels facteurs contribuent à l’atteinte du bonheur?

La quête du bonheur est omniprésente dans nos vies. On cherche inlassablement à voir si la réussite, la prospérité, l’équilibre psychologique, l’amour, la santé ou encore le développement personnel nous mènera enfin au bonheur tant espéré. Désillusionnés et déçus dans cette quête perpétuelle, on ressent souvent plutôt un manque, un sentiment de vide ou de mal-être.

C’est quoi au juste, le bonheur?

Atteindre le bonheur, ce n’est pas vivre dans une réalité parfaite, à l’abri du stress et de la souffrance. La réalité est imparfaite et parsemée de difficultés, d’inconforts, de déceptions et d’expériences douloureuses. Le bonheur, c’est plutôt de pouvoir croître au sein de cette réalité imparfaite.

Quel est le véritable secret du bonheur?

Voici le vrai secret du bonheur: il n’existe pas de recettes pour être heureux! Toutefois, certains ingrédients contribuent à alimenter notre bonheur au quotidien, et on gagne à mieux les connaître.

Au-delà des besoins physiologiques – comme manger, boire et dormir – qu’il est essentiel de satisfaire pour la survie physique, il existe des besoins psychologiques qu’il est également essentiel de satisfaire pour la survie psychologique. De la même manière qu’on doit consommer des aliments pour nourrir notre corps, on doit «consommer» certains ingrédients psychologiques pour éviter certains états de manque psychologique.

Trois besoins psychologiques fondamentaux ressortent de centaines d’études scientifiques comme étant au cœur du bien-être psychologique: le besoin d’appartenance, le besoin d’autonomie et le besoin de compétence.

Le besoin d’appartenance

C’est le besoin de connexion à l’autre. Il implique la recherche de relations significatives, de se sentir connecté, de prendre soin des autres et qu’on prenne soin de nous aussi en retour. C’est le besoin de se sentir appartenir à la collectivité, de sentir qu’on fait partie de la société.

Le besoin d’autonomie

Il se définit comme le besoin de se sentir libre de penser et de choisir. Quand on choisit et on agit par soi-même plutôt que par pression ou par obligation, on construit notre identité de façon cohérente avec nos valeurs et nos croyances. L’autonomie nous permet de nous développer de façon harmonieuse selon qui l’on est réellement.

Le besoin de compétence

C’est le besoin de maîtriser son environnement et d’interagir efficacement avec lui. On a besoin de sentir qu’on maîtrise des habiletés et qu’on les développe au quotidien. Nul besoin de gagner des prix ou d’impressionner les autres. C’est le sentiment de fierté personnel qui est central ici.

La satisfaction de ces trois besoins psychologiques est associée à plus de bien-être psychologique, à une plus grande satisfaction de vie et à moins de symptômes psychologiques (par exemple, à moins de symptômes d’anxiété et de dépression). Ces besoins ressortent systématiquement à travers les âges, dans les contextes, les pays et les cultures comme étant les ingrédients pour nourrir le bien-être psychologique. Ce serait donc ça, le bonheur: satisfaire nos besoins psychologiques!

Les leurres du bonheur

Pourtant, dirait-on, plusieurs autres éléments de la vie nous amènent à ressentir du bonheur. Gagner à la loterie, s’acheter un cellulaire dernier cri, se faire complimenter sur son apparence physique ou se sentir populaire. Pourquoi ne contribueraient-ils pas au bonheur? Ces éléments sont ce qu’on appelle des quasi-besoins.

Que sont les quasi-besoins?

Les quasi-besoins sont souvent éphémères: une fois comblés, ils disparaissent. La satisfaction initiale d’avoir entre ses mains son cellulaire dernier cri ne dure pas, alors que le besoin de se sentir connecté aux autres, lui, se remanifestera. Il n’y a aucune garantie que les quasi-besoins satisferont les besoins psychologiques, et par moments, ils peuvent même y nuire! Pensons à une personne qui investirait beaucoup de temps pour gagner des sous et ainsi se payer un appareil électronique au détriment du temps passé avec ses proches, sans oublier les occasions potentielles où cette personne sera davantage rivée sur son écran, plutôt que connectée à l’autre, une fois le téléphone acheté. On se rend compte que la satisfaction des quasi-besoins n’est pas associée à plus de bien-être psychologique.

Miser sur ce qu’on peut contrôler

La plupart des quasi-besoins sont sous le contrôle des autres personnes ou des circonstances. C’est l’autre qui décide ou pas de me faire un compliment sur mon apparence ou de me faire sentir populaire. C’est le hasard qui décide si je gagnerai à la loterie. Contrairement aux quasi-besoins, les trois besoins psychologiques, soit l’appartenance, l’autonomie et la compétence, sont sous notre contrôle! On peut décider soi-même de faire des choix qui nous correspondent davantage, d’entreprendre une activité qui nous fait sentir bien ou d’appeler un ami pour partager un moment avec lui. Bien sûr, parfois, l’environnement peut frustrer ces besoins (par exemple, un patron contrôlant et critique ou un ami qui ne veut plus nous parler). Mais on a encore le contrôle sur ce qu’on veut faire entrer dans notre vie ou pas.

Comment satisfaire nos besoins psychologiques au quotidien?

Satisfaire notre besoin d’appartenance

  • Entretenir quelques relations significatives et profondes.
  • Sourire à une personne croisée en marchant.
  • Prendre soin des autres par l’entremise du bénévolat (les études montrent que donner aux autres facilite le bien-être!) par exemple.
  • Entretenir une relation avec un animal de compagnie.
  • Investir dans le lien avec une figure spirituelle.

Satisfaire notre besoin d’autonomie

  • Faire des choix qui sont cohérents avec nos valeurs.
  • Remettre en question nos agissements: sont-ils réellement guidés par nos valeurs et nos croyances ou par une pression externe?
  • Éviter de faire les choses par obligation ou culpabilité.
  • Déterminer et assumer qui on est vraiment.
  • Dans un contexte stressant, miser sur les petites zones de contrôle qu’il nous est possible d’avoir malgré l’incertitude.

Satisfaire notre besoin de compétence

  • Nous réserver du temps pour pratiquer une activité qu’on aime.
  • Nous inscrire à un cours qui nous stimule.
  • Développer nos habiletés dans un domaine qui nous intéresse (par exemple, maîtrise d’une nouvelle langue, d’habiletés sportives, créatives ou intellectuelles).
  • Faire une activité qui nous offre de la rétroaction immédiate sur notre compétence (par exemple, participer à un sport qui nous permet d’observer nos performances, ou encore faire des sudokus ou mots croisés qui nous permettent de comparer nos réponses).


C’est à travers de petits choix et actions du quotidien qu’on a la possibilité de satisfaire nos besoins psychologiques et, ultimement, d’alimenter notre bonheur! Il est peut-être plus accessible qu’on le pensait, le bonheur, après tout…


Merci à la psychologue Geneviève Beaulieu-Pelletier pour la rédaction de cet article.

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