Conseils

Pièges à éviter pour mieux choisir ses aliments

15 février 2022

Stéphanie Côté

Stéphanie Côté

Nutritionniste, auteure, conférencière et chroniqueuse

Temps de lecture 4 minutes
Vous avez le désir de bien manger et de faire de bons choix à l’épicerie. Les commerçants et les fabricants le savent et ils utilisent diverses tactiques pour vous convaincre. Voici 10 pièges à connaître pour ne pas tomber dedans… ou simplement acheter de façon éclairée (car vous pouvez choisir d’acheter ces aliments quand même!).

Des rabais, vraiment?

1. Étiquettes rouges: pas toujours des réductions de prix

Sous l’étiquette rouge (ou orange ou encore jaune, selon les endroits), il est obligatoire d’afficher le prix courant. Soulevez toujours cette étiquette afin de vérifier que le rabais proposé est réellement un rabais et qu’il vaut le coup à vos yeux. Il peut arriver que le prix «en spécial» soit le même que le courant, ou même qu’il soit plus élevé!

2. Des rabais sur certains formats

Les rabais s’appliquent généralement à un format précis. Pour vérifier s’ils vous font économiser, comparez les prix aux 100 g ou 100 ml qui sont précisés sur toutes les étiquettes de la tablette, y compris pour les promotions. Puis, n’oubliez pas qu’une bonne affaire est celle qui respecte vos besoins, car si un rabais vous fait acheter trop pour rien (ou vous fait gaspiller), vous n’y gagnez pas.

3. Les rabais… qui expirent

Quand il y a des réductions sur les produits frais (lait, yogourt, crème, viande, tofu, etc.), vérifiez les dates de péremption. Il arrive que des commerçants veuillent écouler des produits avant qu’ils ne soient plus bons. C’est une stratégie antigaspillage intéressante, à condition toutefois que vous ayez le temps de les utiliser.

Attention, on veut votre attention!

4. L’art de se faire voir

Même lorsque vous allez droit au but pour acheter les aliments de votre liste, les bouts d’allées, les présentoirs temporaires ici et là et les étalages supplémentaires aux caisses sont présents pour vous titiller. Les produits qui y sont placés le sont exprès pour qu’on les voit, qu’on cède à la tentation… et qu’on achète.

5. Un rabais pour se justifier

Il existe des tactiques de vente qu’on voit surtout aux rayons des biscuits, des croustilles, des boissons gazeuses et autres aliments peu nutritifs. Ces concours, promotions, «rabais à l’achat de 2» et autres réductions de prix ont pour but de vous faire sentir moins mal d’en acheter. C’est normal de ne pas vouloir payer le gros prix pour des aliments peu nourrissants, et de trouver ça acceptable lorsqu’ils ne sont pas chers.

6. Saints produits sains

Certaines allégations touchent la corde sensible des consommateurs qui veulent bien manger. Or, elles ne veulent rien dire lorsqu’elles ne sont pas réglementées. C’est le cas des termes «naturel», «artisanal» et «authentique», que les fabricants utilisent selon leurs propres définitions. Quant aux «sans» à toutes les sauces (colorant, arôme artificiel, sucre, gras trans, etc.), c’est réglementé, mais ça en dit peu sur la qualité globale de l’aliment et ça ne devrait pas justifier en soi un achat.

Jouer avec les mots pour donner une impression santé

7. La lubie des fruits

Le mot «fruit» joue sur notre perception, c’est psychologique! Il crée un a priori favorable et nous donne le sentiment de faire un bon choix. Le problème est que beaucoup d’aliments sont décevants à cet égard. Collations aux fruits, rouleaux aux fruits, garniture aux fruits: des aliments dont les fruits sont plus présents dans le nom ou sur la photo que dans l’aliment lui-même. Le seul moyen de vérifier les prétentions de l’emballage, c’est de lire la liste des ingrédients. Vous découvrirez si l’ingrédient vedette est un fruit… ou du sucre.

8. Les smoothies

Les smoothies ont un aura santé. Mais attention! Certains ne sont qu’une façon «mieux vue» de vendre du jus. Comme le jus, le smoothie se boit. Il permet de consommer rapidement une grande quantité de fruits. On «boit» plus de fruits qu’on peut en manger. Quand on avale tout rond, on a besoin de plus d’aliments que si on croque, on mâche, on mastique. Pour consommer judicieusement les smoothies, mieux vaut en choisir (ou mieux, en faire) qui sont à base de fruits et légumes entiers plutôt que de jus, sans sucre ajouté (ou très peu), et qui contiennent des ingrédients, comme du tofu, des légumineuses, des noix, du yogourt, etc., les rendant plus rassasiants en raison de leur teneur en protéines.

9. Végé n’est pas toujours synonyme de santé

Le végétarisme et le végétalisme ont bonne presse. Les études sont claires en ce sens: faire une grande place aux végétaux dans son alimentation est bon pour la santé. Le hic est que tous les aliments «végés» ne se valent pas. Les aliments végés ultratransformés (saucisses, burgers sans viande, imitations de fromage, fast food végétarien, etc.) à la liste d’ingrédients interminable, et du sel, du sucre et du gras à profusion, ne sont pas ceux que les études citent.

Il est important de garder en tête que les meilleures options végétariennes sont celles recelant des aliments de base et relativement peu transformées. Mais qu’on soit végétarien ou non, il demeure que manger plus de fruits, légumes, grains entiers, légumineuses, tofu, noix, graines et compagnie pour la santé est une bonne et délicieuse habitude!

10. Les produits allégés

Yogourt, mayonnaise, vinaigrette, beurre d’arachide: tous ces aliments, et bien d’autres encore, ont leurs variantes allégées. Il ne s’agit toutefois pas de la bonne nouvelle qu’on pourrait croire. Diminuer les matières grasses de ces aliments a un prix: elles sont remplacées par de nombreux additifs et souvent du sucre. Puis plusieurs aliments allégés en sucre renferment des substituts de sucre, qui entretiennent l’attrait pour les saveurs sucrées, tout en n’étant aucunement nourrissants. C’est sans compter que les aliments allégés peuvent donner la fausse impression qu’on peut en manger en plus grande quantité. Pourtant, sont-ils aussi satisfaisants? Chacun peut se demander s’il préfère déguster et apprécier pleinement un aliment dans sa variant ordinaire ou manger davantage d’un aliment allégé qu’il apprécie peut-être moins…


Merci à Stéphanie Côté, nutritionniste, pour la rédaction de cet article.

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