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Nos trucs pour un barbecue écolo

15 juin 2021

Unpointcinq

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Le média de l’action climatique au Québec

Temps de lecture 3 minutes
On ne se mentira pas: tout goûte meilleur sur le barbecue. Cependant, cet été, rois et reines du gril, on vous met au défi: cuisinez vos classiques en y ajoutant une pincée d’action climatique.

L’été au Québec, les barbecues fonctionnent à plein régime, l’odeur des grillades embaume l’air et nous met l’eau à la bouche… Ces moments gourmands, on ne les changerait pour rien au monde. Et pourtant, même en train de faire cuire une batch de hot-dogs ou de brochettes, on peut adopter de nouvelles habitudes, pas compliquées du tout, pour réduire son impact sur le climat.

Choisir son barbecue

Tous les barbecues ne sont pas égaux devant l’atmosphère. Certains la réchauffent plus que d’autres, selon leur source d’énergie. Pour la même cuisson, un barbecue au charbon de bois génère 3 fois plus de gaz à effet de serre (GES) qu’un autre au propane. Le désavantage des briquettes: elles produisent plus de chaleur que nécessaire. En plus de la cuisson de nos aliments, il faut compter le temps nécessaire avant que le charbon atteigne la température souhaitée et le temps qu’il refroidisse. Ça représente une bonne vingtaine de minutes supplémentaires à émettre des GES «dans le vent».

À l’opposé, avec leur «switch on/off», les barbecues au propane s’allument et s’éteignent sur commande et évitent de gaspiller de la chaleur inutilement. Cependant, climatiquement parlant, le roi des barbecues reste le modèle électrique, particulièrement au Québec, où 99 % de notre électricité est renouvelable.

Bye-bye le steak!

Pour une exposition scientifique de la Royal Society en Angleterre, des chercheurs ont calculé, en 2019, l’empreinte carbone de 3 repas, tous composés de hamburgers et cuisinés sur un barbecue au charbon de bois. Sans surprise, le burger traditionnel, au bœuf haché, émet le plus de GES avec 5,8 kg d’équivalent CO2 par personne. L’option au poulet suit avec 3,2 kg d’équivalent CO2 par convive, alors que le végétalien est le plus léger pour le climat (2 kg d’équivalent CO2 par convive).

Cet exposé «burgerisé» n’a rien d’anodin: en réduisant sa consommation de viande, et particulièrement de viande rouge, on peut considérablement minimiser l’empreinte carbone de ses repas. Pour y arriver, commencez en douceur en remplaçant la moitié de votre portion de viande par des protéines végétales comme des haricots écrasés ou de la protéine végétale texturée (PVT). Si vous avez envie de pousser plus loin, expérimentez avec des recettes entièrement végés mettant en vedette le tofu, le tempeh et les légumineuses (lentilles, pois chiches, etc.). Ça vaut la peine de sortir des sentiers battus: à quantité égale, le tofu émet 10 fois moins de GES qu’un steak!

En panne d’idées? Besoin de recettes? Allez jeter un coup d’œil à ce guide pratique du barbecue végé 101.

Mettre la poubelle au régime

Cuisiner au barbecue est souvent synonyme de célébration. Toutefois, ne laissez pas les douces odeurs des grillades vous enivrer au point d’avoir les yeux plus gros que la panse. Malgré la joie de l’événement, pensez à évaluer vos besoins pour éviter de finir par cuisiner plus que nécessaire et vous retrouver avec des tonnes de restants. Pour éviter de les gaspiller, gardez-les au frais et prévoyez comment vous les mangerez plus tard (en sandwich pour le lunch, en repas «touski», etc.). N’oubliez pas de faire cuire la viande qui n’aura pas été mangée dans la foulée: elle se conservera mieux.

Si votre frigo déborde et que vous n’arrivez pas à bout des restants, congelez ce qui peut l’être et compostez les restes, plutôt que les mettre à la poubelle. C’est gagnant pour le climat. Lorsqu’elle se retrouve dans un centre d’enfouissement, la matière organique, comme vos déchets alimentaires, se décompose sans oxygène en produisant du méthane, un gaz à effet de serre 25 fois plus puissant que le CO2. Par contre, si elle atterrit dans le bac de compost, la décomposition se fait en présence d’oxygène, ce qui évite la production de méthane.

Et finalement, si vous faites un pique-nique, pensez à emporter de la vaisselle réutilisable, plutôt que de la jetable, qui finira à la poubelle!


Merci à Aurélie Lagueux-Beloin, d’Unpointcinq, le média de l’action climatique au Québec, pour la rédaction de cet article.


Références

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